
MÉMOIRE ET LÉGENDES POPULAIRES DE NOS LIEUX-DITS
Les lieux-dits de notre commune
Notre commune possède de nombreux lieux-dits, témoins de son histoire, de ses légendes populaires et de la vie de celles et ceux qui nous ont précédés. Cette page vous propose de découvrir ou de redécouvrir ces lieux. Elle a été élaborée à partir d'extraits issus du très bel ouvrage consacré à la vie de notre village « Pierrefitte en Beauvaisis - Vie d’un village de 1789 à 1947 » écrit en 1990 par Jacques Latron et Jacques Thouvenot, maire de notre village de 2001 à 2014.


Lieu-dit "Le bras noué"
Au nord de la commune, il y avait une pierre en grès, comme on en trouve beaucoup dans les champs. Cette pierre bougeait sur son soubassement et ce lieu était baptisé, « le branloir ». On retrouve ce nom sur le vieux cadastre alors que celui qui a été dressé en 1930, le transforme le nom de branloir en « Bras noué ». L’explication de cette mutation toponymique nous est donnée par François Beauvy dans le « Dictionnaire picard des parlers et traditions du Beauvaisis » : en picard, « le branloir » se disait « ché brannwé » (le w se prononçant ou). Les géomètres qui ont demandé aux habitants de la région comment s’appelait le lieu-dit où ils se trouvaient, ont eu pour réponse « ché brannwé » qu’ils ont transcrit en « bras noué ». On trouve sur cette parcelle un point géodésique à 171 mètres.
La briqueterie Magnant
Juste en dessous du lieu-dit "le bras noué", il y avait une briqueterie dont le dernier propriétaire de la parcelle s'appelait M. Magnant. On y fabriquait des briques en terre cuites au bois que l'on retrouve encore dans les vieilles cheminées. Ce sont des briques tendres qui cassent sous un coup de poing. On suppose que cette briqueterie fut construite pour fabriquer les briques du soubassement du château situé à quelques centaines de mètres de la briqueterie. Il existe un puits, comblé aujourd'hui, utilisé pour l'extraction de la terre destinée à la fabrication des briques.
La mine de phosphates
À la limite de la commune entre Pierrefitte et la neuville Vault, il y avait une mine de phosphates naturels qui été exploitée jusqu'en 1920. Il reste encore des traces de cette exploitation. Le chemin d’accès est garni de traverses de bois qui permettaient la circulation des wagonnets amenant le phosphate à la route où il était dans des tombereaux à chevaux qui se rendaient à la gare de Milly sur Thérain. Il y a encore une énorme fosse d'une vingtaine de mètres de profondeur, maintenant partiellement comblée par les déblais et la végétation.
Lieu-dit "La Péserie"
Un peu plus loin sur la crête, il y avait un moulin sur un mamelon exposé au vent du nord et à côté, une parcelle nommée "Bois des péseries" qui évoque bien la destination de cet endroit. De plus, le chemin venant de la Neuville Vault et longeant cette parcelle s'appelle la rue du moulin.
Lieu-dit "L'abîme"
Si l'on redescend vers la route de Beauvais à Gournay, quelques centaines de mètres après l'extrémité nord du Détroit, se trouve une rivière souterairraine qui collecte les eaux des ruisseaux de Courcelles et l'Héraule. Celles-ci s'engouffrent dans une faille au lieu-dit l'abîme. C'était à cet endroit que l'on pendait les gens à la révolution. On raconte, réalité ou légende, qu'une couvée de canards mise dans cette rivière souterraine, était réapparue à Bonnières.
Lieu-dit "Les champs du roi"
En redescendant vers le sud-est, on arrive "aux champs du roi" ou "camp du roi" C champ du roi est entouré d'un fossé et comporte des talus en terrasse qui devaient servir de campement pour les chevaux. Au fond du champ du Roi, il y a des sources qui étaient vraisemblablement utilisés pour abreuver les chevaux. Cet endroit est extrêmement bien abrité et par temps d'hiver avec un vent du nord glacial, on n'y sent aucune trace du vent qui passe à la cime des arbres sans pénétrer le bois, tandis que le soleil de midi réchauffe l'atmosphère. Selon la légende locale, Clovis aurait bivouaqué à cet endroit d'où le nom de ce lieu-dit. En 1944, les troupes d'occupation allemandes s'étaient d'ailleurs repliées dans ce bois, ce qui confirme ses qualités d'abri naturel.
Lieu-dit "Le bois des fosses"
En redescendant sur Savignies, traversant la route de Courcelles, on atteint le "bois des fosses". On y trouve de nombreuses poches ou fosses utilisées par les potiers de Savignies pour extraire la terre de poterie. Certaines fosses atteignaient 5 à 6 mètres de profondeur. Lorsque l'on se promène au "bois des fosses", on a l'impression de se trouver dans un lieu ravagé par des trous de bombes alors qu'il ne s'agit que des excavations faites de la main de l'homme et, maintenant en grande partie comblées par la végétation.
Ancienne route de Beauvais à Gerberoy
À la sortie sud du hameau, on trouve un chemin de plaine qui était autrefois la route de Beauvais à Gerberoy, dont il reste un tronçon entre le Détroit et le cimetière commun de Pierrefitte et Savignies. Cette route est tracée à flanc de coteau de façon à couper les vents du nord et à "ressuyer" au soleil de midi. Elle n'avait que très peu de déclivité pour faciliter le parcours des chevaux.
Lieu-dit "Le château"
Au nord-ouest de Pierrefitte, le lieu-dit "le château" est le site de l'ancien château de Herculez. On prétend qu'il fut bâti vers 1550 par Gilles Binet-Desprez, aumônier de la reine Catherine de Médicis. Incendié par accident vers 1785, on y substitua une construction moderne grandiose dont une partie a été démolie pendant la révolution. Cette construction a été abandonnée vers le milieu du XIX siècle; les intempéries et les amateurs de pierres pour la construction ont achevé sa disparition. Aujourd'hui, juste après les labours, il est possible, en prenant de la hauteur, de distinguer nettement les fondations de bâtiments sur cette parcelle. Dans l'église de Savignies, il y a un tableau représentant le baptême de Clovis qui viendrait de la chapelle du chateau. La grille d'honneur du château de Montceaux, près de saint-Omer en Chaussée, serait celle de cet ancien château.
On raconte qu'un des derniers seigneurs du château avait coutume de surveiller ses faucheurs du haut de son cheval et, quand ceux-ci ne travaillaient pas assez vite à son goût, il leur tirait dessus à coup de fusil chargé de cartouches remplies de sel ; c'était, parait-il "un excellent stimulant" !
Le lieu-dit "Le champ Dolent"
En 1197, une guerre féroce oppose le roi de France Philippe Auguste au roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion. La frontière de l'Oise et du Pays de Bray devient un champ de bataille permanent. Mercadé, fidèle capitaine de Richard Coeur de Lion, et ses troupes de cotereaux mènent un raid destructeur dans le Beauvaisis pour piller les terres du roi de France et de l'évêque de Beauvais, Philippe de Dreux. Les milices de l'évêque de Beauvais interceptent les mercenaires anglais. C'est précisément lors de cet affrontement sanglant à Pierrefitte-en-Beauvaisis que le lieu-dit du Champ Dolent (« champ de la douleur ») gagne son nom, marquant l'endroit où les cotereaux de Mercadé ont été combattus ou ont massacré la population locale.
Le lieu-dit "La Haye aux anglais"
En vieux français, une Haye (ou haie) désignait une clôture d'arbres, une lisière de forêt fortifiée ou une zone de défense retranchée. Ce terme rappelle l'emplacement où des troupes ou des pillards anglais avaient établi un campement retranché, une position défensive lors des affrontements sanglants qui ont marqué la frontière picarde et normande aux cours des conflits franco-anglais du Moyen Âge.
